Retour à la liste

Mari et amant rue Saint-Maur, 1880.

127 Rue Saint-Maur Paris

Le 4 septembre 1880, Trouilleau, employé de l'octroi, rentre chez lui, 127 rue Saint-Maur. Sa femme, fleuriste, est en tête à tête avec le sieur Bienfait, fondeur en cuivre, dont le gilet est défait. Se doutant de l'adultère depuis quelques mois, il estime désormais en être certain. Il est vrai que Bienfait est appuyé sur le lit dans une faible lueur. Trouilleau prétendra que Bienfait lui a sauté à la gorge pour se sauver, mais l'autre déclarera avoir été attaqué à coups d'instrument piquant. Bienfait s'est réfugié chez le pharmacien en parlant de vengeance. Le pharmacien déclare que l'hémorragie interne a été stoppée par l'absinthe... Devant l'imbroglio, la femme, qui avoue l'adultère, et l'amant qui nie l'agression, sont envoyés en prison. Le mari trompé lui, est libre. L'amant finira par admettre qu'il a bousculé le mari en croyant à un guet-apens et le concierge dira avoir vu descendre l'amant comme un homme ivre, suivi par le mari, une lanterne à la main, cherchant des traces de sang. La justice conclura l'affaire le 6 novembre 1880 en condamnant Trouilleau à 100 francs d'amende, sa femme à 4 mois d'emprisonnement, et l'amant à 4 mois et 100 francs d'amende.

(dessin Steinlen 1859-1923)