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L'abbaye de Saint-Antoine des Champs.

184 Rue du Faubourg Saint-Antoine Paris

L'abbaye cistercienne de Saint-Antoine des Champs fut fondée sous Philippe-Auguste, en 1198, par Foulques de Neuilly, curé de Neuilly-sur-Marne.

Soumise dès 1204 à l'Ordre de Citeaux, c'est elle qui donna son nom au faubourg de l'est de la capitale.

Elle fut créée à l'emplacement où existait une chapelle dédiée à saint Antoine le Grand, ou "Le Solitaire", ou "l'Ermite", patriarche d'Orient, vivant aux troisième et quatrième siècles.

Créée à la campagne, son enceinte s'ouvrait sur la grande route qui conduisait à la porte de l'est de Paris, devenue "Porte Saint-Antoine". La forteresse de la porte Saint-Antoine, la Bastille, bâtie en 1367, était jusqu'en 1652 dominée, au-dessus de sa grande porte, par une statue de saint Antoine le Grand. La statue fut détruite durant la Fronde, lors de la bataille entre l'armée royale et l'armée des princes, en juillet 1652.

L'abbaye devint sous saint Louis une abbaye royale. Son enclos, avec fossés et fortes murailles, renfermait un cloître, l'église abbatiale, la chapelle Saint-Pierre, des communs et une grande surface de jardins, vergers et terres cultivées.

L'église abbatiale gothique, dédicacée le 2 juin 1233 par Guillaume, évêque de Paris, en présence de saint Louis et de sa mère, était en forme de croix latine et dominée par un clocher hexagonal au croisement de la nef et du transept. Les vitraux donnaient une "clarté admirable" selon un historien. Mais elle se trouvait enfoncée dans le sol et l'on n'y entrait que par une toute petite porte.

L'abbatiale abritait plusieurs tombeaux, dont ceux des filles de Charles V, Jeanne et Bonne de France, qui furent gravement détériorés en 1793.

Après la suppression de l'abbaye en 1791, l'église elle-même fut détruite après avoir été vendue en 1796.

L'abbaye comptait aussi la chapelle, appelée "crypte de Saint-Antoine", près de l'entrée principale, qui avait été bâtie en 1211. On y exposait les corps des rois et reines de France entre leur décès et leur transport à Notre-Dame, puis à Saint-Denis. Cette chapelle fut détruite en même temps que l'abbatiale.

L'abbaye abritait aussi une bibliothèque de trois mille volumes.

Après d'importants agrandissements au dix-septième siècle, l'abbaye s'étendait de la rue du Faubourg Saint-Antoine au nord à la rue de Charenton au sud, la rue de Reuilly à l'est et la rue Traversière à l'ouest. Les bâtiments furent reconstruits au début du dix-septième siècle puis dans les années 1767-1770 par l'architecte Nicolas Lenoir (1730-1810).

En avril 1776, la princesse Gabrielle-Charlotte de Beauvau-Craon, abbesse de Saint-Antoine, vendit une partie de l'enclos pour permettre la construction de plusieurs rues et du marché Beauvau, devenu marché d'Aligre.

Après la suppression en 1791 et les destructions de 1796, la majeure partie de l'enclos fut lotie en 1798 et l'hôpital Saint-Antoine prit bientôt la place de l'abbaye.