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L'abbaye Sainte-Geneviève.

23 Rue Clovis Paris

La montagne Sainte-Geneviève était à l'époque romaine le mont Lucotitius ou Lucotetius aux pentes couvertes de vigne et de villas, avec à ses pieds le palais des Thermes et les arènes. Au sommet de cette colline, Clovis créa, à la demande de Sainte-Geneviève, une basilique dédiée à Saint Pierre et Saint Paul. Elle fut consacrée par Rémy, évêque de Reims.

Clovis et Clotilde devaient être inhumés dans l'église, comme Sainte-Geneviève et comme leurs petits-fils assassinés en 526 dans le palais de la Cité. Après le décès de Clodomir, ses frères Childebert et Clotaire entendaient récupérer, en tuant ses enfants, sa part du royaume de Clovis.

La basilique, terminée en 520, se trouvait à l'emplacement de la rue Clovis, entre l'église Saint-Étienne du Mont et le lycée Henri IV. Richement ornée de mosaïques et de tapisseries, elle mesurait soixante mètres de long. A partir de 630, Saint-Éloi la fit orner de pierres et d'argenterie.

Le territoire religieux, délimité par une forte muraille crénelée, se trouvait principalement à l'emplacement du Lycée Henri IV, du quart sud-est de la place du Panthéon, et ses jardins, au sud, seraient délimités par la rue d'Ulm, la rue de l'Estrapade et la rue Thouin.

L'abbaye devint propriétaire par la volonté royale de domaines à Rosny, Nanterre, Vanves ou Choisy, avant d'acheter d'autres domaines à Draveil, Auteuil, Epinay, etc.

Après la mort de Sainte Geneviève, dont la tombe était continuellement éclairée par une lampe à huile, l'église Saint-Pierre-Saint-Paul devint petit à petit "Sainte-Geneviève", nécropole, lieu de pèlerinages et de conciles, notamment en 572, 577 ou 614.

Au neuvième siècle, la basilique fut agrandie mais dut subir, dans les années 845, l'assaut des invasions normandes. Bien que les religieux aient mis beaucoup de richesses à l'abri dans leurs domaines éloignés, comme à Draveil, tout fut pillé, profané, détruit et laissé à l'état de ruine. Restaurée au dixième siècle, la basilique devint un lieu d'enseignement.

Une dispute entre moines lors d'une visite du pape Eugène III (1080-1145-1153) amena une reprise en main et une discipline monastique fut imposée à l'abbaye royale de Sainte-Geneviève, au terme d'une réforme menée par Suger.

Au douzième siècle, l'église fut agrandie, ainsi que le cloître et le tombeau de Clovis, retiré de la crypte, fut installé au milieu du chœur de l'église, avec la châsse de Sainte Geneviève.

L'abbaye, qui ne relevait que de l'autorité du pape, fut insérée dans Paris par l'enceinte de Phlippe-Auguste, terminée en 1210, ce qui provoqua l'urbanisation des alentours, et au quatorzième siècle, plusieurs collèges s'installèrent sur la montagne.

Le 6 juin 1489, la foudre incendia le clocher et l'église qui, couverts en plomb, furent très détériorés. Tout fut réparé deux ans plus tard par l'agrandissement de la nef et du clocher. Mais on décida qu'il ne se terminerait pas en flèche.

L'abbaye fut détruite sous le premier Empire.

(Dessin X)