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L'ancien Hôtel-Dieu.

Parvis Notre-Dame - Pl. Jean-Paul II Paris Paris

De l'origine, au septième ou neuvième siècle, jusqu'à sa démolition en 1878, l'ancien Hôtel-Dieu a occupé la partie sud du parvis de Notre-Dame, entre le Petit-Pont et le Pont-au-Double. Ses immenses bâtiments occupaient les deux rives du bras sud de la Seine.

La démolition de l'ancien Hôtel-Dieu a été réalisée dès la fin de la construction du nouvel Hôtel-Dieu sur l'emplacement actuel, de l'autre côté du parvis, au nord de l'île de la Cité. Les bâtiments actuels ont été construits entre 1864 et 1877, selon la décision de Napoléon III qui préféra un hôpital neuf plutôt que la rénovation des vieilles constructions très vétustes.

L'Hôtel-Dieu est l'un des plus anciens hôpitaux de France, établi sous Charlemagne sous le nom de "Maison de Dieu" pour venir en aide aux pauvres et entretenu alors par Inchade, l'évêque de Paris. Sa fondation est souvent attribuée à saint Landri, évêque de Paris, en 651, mais cette affirmation de l'historien Félibien est discutée par d'autres historiens, les premiers documents écrits datant du début du neuvième siècle.

Ä l'origine, la petite "Maison de Dieu", soutenue par les rois comme par l'évêché, prit rapidement de l'importance. Tous les rois, jusqu'à la Révolution, ont accordé des facilités et des dons considérables à l'Hôtel-Dieu dont les capacités étaient cependant toujours dépassées. Philippe-Auguste notamment, comme saint Louis, développa notoirement l'activité et les bâtiments de l'hôpital. À la fin de son règne, en 1217, soixante-trois personnes, prêtres, sœurs et laïques s'y affairaient. L'hôpital comptait alors trois corps de bâtiments, installés de part et d'autre du bras sud de la Seine, à l'emplacement de la statue de Charlemagne et du quai de Montebello. La chapelle Saint-Christophe, démolie sous la Révolution, qui se trouverait sur le parvis de Notre-Dame, faisait partie de l'hôpital.

Au seizième siècle, l'Hôtel-Dieu s'agrandit encore avec l'achat de plusieurs maisons des deux côtés de la Seine et sur le Petit-Pont. Plus tard, Henri IV l'agrandit encore et sous Louis XIV, on attribua à l'Hôtel-Dieu le produit d'une taxe sur les billets de spectacles.

Au dix-septième siècle, mille deux cents lits réunis dans vingt et une salles recevaient d'innombrables malades, soignés par plus de cent religieuses de l'ordre de Saint-Augustin, aidées par un grand nombre de bénévoles.

L'hôpital, très endommagé par deux incendies, en 1737 et 1772 connut un ultime agrandissement en 1782 mais les malades s'y trouvaient toujours entassés dans des conditions épouvantables, au point que Louis XVI dut interdire que l'on rassemble plusieurs malades dans le même lit.

Malgré d'immenses bâtiments à quatre étages étirés le long de la Seine l'Hôtel-Dieu ne répondait plus aux besoins et fut démoli par les travaux du baron Haussmann qui rasa une très grande partie des maisons de l'île de la Cité pour agrandir le parvis, construire la préfecture et l'Hôtel-Dieu qui occupe 2,2 hectares

Les religieuses qui assuraient depuis toujours les soins des malades n'ont quitté l'Hôtel-Dieu qu'en 1908.

(Photo CPA)