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L'Arsenal.

1 Rue de Sully Paris

Il ne reste de l'Arsenal qu'une partie des bâtiments. Ils abritent une bibliothèque créée en 1755, annexe de la Bibliothèque nationale depuis 1934. Ce sont les anciens appartements des grands maîtres de l'artillerie qui furent, à ce titre, habités par Sully de 1594 à 1610. Ils ont été remaniés au dix-neuvième siècle.

Depuis le seizième siècle, l'Arsenal se composait d'une double rangée de bâtiments, orientés est-ouest, de la place Teilhard-de-Chardin jusqu'au port de l'Arsenal. Il reste l'aile sud. L'aile nord se situerait parallèlement, de l'autre côté de la rue de Sully, à la place des écuries de la Garde républicaine.

La rue de Sully serait à l'intérieur de l'Arsenal, séparant ses deux bâtiments. L'Arsenal était voisin du couvent des Célestins qui s'étendait de la rue du Petit-Musc à l'ouest jusque près du port de l'Arsenal à l'est et de la rue de la Cerisaie au nord jusqu'à la Seine au sud.

A l'origine, Charles V (1338-1364-1380) avait installé à proximité de son Hôtel Saint-Pol une fabrique de poudre, une fonderie de canons et un magasin. Mais la ville de Paris disposait aussi d'un arsenal entre la Bastille et la Seine. François Ier (1494-1515-1547), en 1533, a décidé de réunir les deux et la construction du Grand arsenal fut menée à bien par son fils Henri II (1519-1547-1559).

Sous Charles IX (1550-1560-1574), on créa le Petit Arsenal. Des bâtiments organisés en carré, à proximité immédiate de la Bastille, entre la rue Saint-Antoine au nord et la rue de la Cerisaie au sud, reliés au Grand Arsenal par un chemin nord-sud bordé d'arbres.

En 1572, l'arsenal du Louvre a rejoint le Grand arsenal. Mais l'installation était dangereuse et quelques explosions mémorables, comme celle du 19 juillet 1538 ou du 30 janvier 1563, avaient pratiquement rasé les bâtiments. Aussi, la préparation du salpêtre et des poudres fut-elle transférée de l'autre côté de la Seine, à l'emplacement de la Salpêtrière.

L'Arsenal abritait sa propre juridiction pour les conflits entre ouvriers et administration, que Louis XIII (1601-1610-1643) transforma en juridiction d'exception, totalement indépendante du parlement, reliée directement du roi. Elle était compétente aussi pour la fausse monnaie. Finalement tombée en désuétude dans les années 1640, la juridiction fut réactivée par Louis XIV (1638-1643-1715) pour juger le surintendant des Finances Nicolas Fouquet en 1664, condamné au bannissement pour avoir mélangé finances royales et personnelles, et surtout, en 1680 pour "l'affaire des poisons".

Alors que les activités d'armurerie de l'Arsenal ralentissaient, 360 personnes furent arrêtées, 218 jugées et 36 condamnées au bûcher, ce qui valut à la juridiction le surnom de "Chambre ardente". Louis XIV mit fin aux activités de la Chambre ardente lorsque, l'enquête s'approchant du pouvoir, il apparut que Mme de Montespan avait été cliente de "la Voisin" qui lui aurait fourni divers philtres pour conserver l'amour du roi. La Chambre ardente fut dissoute en juillet 1682 alors que 106 accusés restaient à juger.

Les activités d'armement de l'Arsenal avaient pratiquement disparu en 1755 alors que son gouverneur, le marquis de Paulmy, ne se préoccupait que de créer la bibliothèque qui devint rapidement célèbre pour ses livres rares. L'Arsenal militaire disparut par une ordonnance d'avril 1788 et la démolition commença en 1806. Son jardin, le long du port, fut remplacé par le boulevard Bourdon et en 1876 on perça le boulevard Henri IV.

Près de la Seine, le Pavillon de l'Arsenal ne serait pas situé dans l'Arsenal car il occupe, comme les bâtiments de l'urbanisme de la Ville de Paris, l'ancienne Île Louviers, rattachée à la rive droite en 1847.

(Dessin CPA)