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A l'Hôtel Saint-Pol

100 Rue Saint-Antoine Paris

Sous Philippe-Auguste (1165-1180-1223), l'enceinte de Paris ferme la ville, à l'est, à la hauteur du 100 rue Saint-Antoine, à peu près à la hauteur de l'église Saint-Paul. On peut d'ailleurs apercevoir un reste de la muraille derrière l'église, rue des Jardins Saint-Paul. A la porte Saint-Antoine, comme à la Porte Saint-Denis ou Saint-Jacques, il y avait un orme qui servait à exposer les corps des justiciables exécutés dans Paris.

Deux-cents ans plus tard, Charles VI (1368-1380-1422) étant devenu fou, la reine Isabeau de Bavière (photo) a pris le pouvoir en main. Elle s'est installée à l'Hôtel Saint-Pol, transformé en un lieu de plaisirs. L'Hôtel Saint-Pol occupait le vaste carré encadré actuellement par la rue Saint-Antoine au nord, la Seine au sud, la rue du Petit-Musc à l'est et la rue Saint-Paul à l'ouest. Sa destruction ne devait commencer qu'en 1450. C'est là que, sous les conseils de l'évêque de Paris Pierre d'Orgemont, elle a accepté de faire soigner le roi par trois moines de passage à Paris, férus de sciences occultes et de médecine. Thomas Lucburns, Jacques Baudry et Philippe Lardillac. Les moines se procurent leurs médicaments chez l'apothicaire Jérôme Courboë, à l'angle de la rue Vieille-du-Temple et de la rue de la Perle. L'apothicaire a d'abord refusé de les servir, estimant que leurs demandes contenaient des poisons violents. Devant cet "effroyable assemblage de poisons", il a demandé de plus hautes garanties. La reine lui a alors donné l'ordre de fournir. Mais un serviteur du palais est allé raconter à l'apothicaire que les moines avaient tondu le roi, lui avaient fait de multiples coupures qu'ils suturaient avec une poudre... La foule, apprenant la nouvelle, a fini par s'émouvoir et a manifesté faubourg Saint-Antoine. Isabeau de Bavière a dû interrompre le traitement. Mais l'apothicaire a alerté le Premier président du Parlement Arnaud de Corbie. Les moines ont été arrêtés, enfermés à la Conciergerie et condamnés à avoir la tête tranchée place de Grève après avoir fait amende honorable devant le portail de Notre-Dame (v. aussi 1er arr, palais du Louvre)

Le 9 juillet 1413, en pleine guerre entre Armagnacs et Bourguignons (v. 4è arr, rue Vieille-du-Temple), le capitaine gouverneur de Paris Hélion de Jacqueville, passant vers onze heures du soir avec le guet devant les portes de l'Hôtel Saint-Pol, monta jusqu'aux appartements royaux et reprocha en termes très vifs, au dauphin (Charles VII) qui donnait un bal, de mener une vie dissolue. Puis, il reprocha à son conseiller Georges de La Trémoille d'être à l'origine de ces  divertissements scandaleux. Le dauphin, agacé, tira sa dague et en porta trois coups à Jacqueville qui n'en réchappa que grâce à la chemise de mailles portée sous ses vêtements. Les gens du guet se précipitèrent alors sur La Trémoille qui eut été tué sans l'intervention du duc de Bourgogne Philippe Le Bon.