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Le roi au Temple, août 1792.

158 Rue du Temple Paris

Le 13 août 1792, la famille royale arrivait au Temple. On servit un grand dîner au milieu d'illuminations mais rapidement, elle fut enfermée dans les deux derniers étages de la tour dont le roi ne devait sortir que deux fois. Pour son procès et pour son exécution. La reine allait partir pour la Conciergerie le 1er août 1793 et la sœur du roi, Madame Elisabeth le 10 mai 1794 pour l'échafaud. Le 17 septembre 1795, Madame Royale, sœur de Louis XVII, était échangée contre quatre commissaires de la République détenus par les Autrichiens. Son frère, le roi Louis XVII était mort début juin et avait été enterré au cimetière Sainte-Marguerite le 10 juin (v. cimetière Sainte-Marguerite).

La prison du roi était située à peu près à l'emplacement de l'actuelle mairie du 3ème arrondissement et du square du Temple. Des bâtiments ont été démolis en 1793, après le départ de la famille royale. C'est ici que l'on a séparé le roi de sa famille après sa condamnation à mort. C'est ici que l'on a signifié, le 3 juillet 1793, la décision du comité de salut public, de séparer la reine de ses enfants et qu'elle a répondu "Tuez-moi d'abord !" . Au Temple, la famille royale est gardée par un savetier ruiné, Antoine Simon, qui a épousé en 1788 Marie-Jeanne Aladame et avec laquelle il demeure 32 rue des Cordeliers, "en face de chez Me Danton". Mme Simon est quasi-illettrée, mais l'action politique du couple, pourtant très locale, au Club des Cordeliers, lui a procuré la place déshonorante, mais sans doute très enviée, de gardien de la prison du Temple. C'est le voisin de Simon, nommé Chaumette, devenu en décembre 1792 procureur de la commune, qui la lui a trouvée. Simon fera échouer en 1793 une tentative d'évasion du roi. C'est lui qui séparera, le 3 juillet 1793, Louis XVII de sa mère, en plein sommeil de l'enfant. Sans scrupules, les Simon se sont installés avec le roi, au 2ème étage de la tour. Mais, peu courageux, par peur du changement politique, ils vont aussi abandonner leur place, payée 10.000 livres, pour retourner à la misère le 19 janvier 1794. Dès le lendemain de ce jour, quatre commissaires de service, Legrand, Lasnier, Gochefer et Lorinet, iront s'emparer de Louis XVII et le faire disparaître. Simon sera cependant arrêté le 9 thermidor et guillotiné le jour même. Sa femme, arrêtée et enfermée, ne mourra que le 10 juin 1819 à l'hôpital des Incurables, prétendant encore que Louis XVII était vivant grâce à elle qui l'aurait fait évader. Le roi ne devait quitter la prison du Temple que le 21 janvier 1793 au matin, conduit par le brasseur Santerre (v. 12è arr, rue de Reuilly) jusqu'à la guillotine de la "place de la Révolution". Une tentative d'enlèvement du roi par des fidèles, à la hauteur de la Porte Saint-Martin, insuffisamment préparée, voire improvisée, va échouer (v. suite 8è arr, pl de la Concorde).
La veille, Garat, ministre de la Justice, s'est présenté pour signifier la condamnation. Philippe-Antoine Grouvelle secrétaire du Conseil exécutif, a lu au roi son arrêt de mort dans la tour du Temple (v. suite 6è arr, rue des Beaux-Arts). Louis XVI a été autorisé à revoir sa famille dont il était séparé depuis le 10 décembre et la famille va demeurer enlacée près de deux heures, avant d'être à nouveau et définitivement séparée.
Selon le récit de sa sœur Madame Royale, Louis XVII, malade d'enfermement et de mauvais traitements, mourra mourir au Temple le 8 juin 1795 à l'âge de 10 ans, puisque la Convention lui a toujours refusé un transfèrement dans des lieux plus sains. Le Comité de sûreté générale a décidé alors qu'il serait enterré au cimetière Sainte-Marguerite "où il serait confondu avec les autres corps" (Yves de Saint-Agnès, Guide du Paris révolutionnaire, Perrin 1989)
La prison royale sera détruite en 1808 par Napoléon, afin qu'elle ne devienne pas un lieu de pèlerinage.

Le mur d'enceinte avait été rasé en 1805. Le reste le sera en 1850. Plusieurs milliers de personnes auront vécu dans l'enclos du Temple, au XVIIIème siècle, lorsqu'il servait de refuge, notamment pour les débiteurs insolvables. Un plan de l'enclos est visible sur un mur, au coin de la rue Dupetit-Thouars et de la rue Vicaire.
Entre temps, le général Pichegru, promis à l'exécution pour son soutien aux Chouans, se suicidera dans sa cellule du Temple le 6 avril 1804 et les ministres de Charles X y seront enfermés, pendant la révolution de 1830, dans ce qu'il reste du Temple, pour les protéger de la foule. Après la destruction, le marché du Temple deviendra rapidement un important lieu d'écoulement de vêtements volés.

(dessin CPA,DR)